L’histoire

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Les repères historiques

La Chapelle de Penvern est située à la limite entre Trébeurden et Pleumeur-Bodou, en bordure du ruisseau de Kerhuel, pas loin de la mer, route de Keralégan.

Elle est dédiée à Notre Dame, en breton Itron Varia Gwir Zicour – Dame Marie du Vrai Secours

Appellation : Notre Dame de Penvern ou encore Notre Dame de Penvern-Citeaux ou Notre Dame de Citeaux.

Lieu de culte ancien, sans doute fondé par les moines Cisterciens de Bégard, on vient y prier Marie, Itron Varia Gwir Zicour, Madame Marie du Vrai Secours.

« Au mois de mai, ma grand-mère, puis ma mère, fleurissaient la statue d’Itron Varia Gwir Zicour ! ».

Témoignage d’Alice Grall – en 2007 – ancienne gardienne des clefs de la Chapelle

Avant la chapelle actuelle

1130

1ère abbaye cistercienne de Bretagne établie par les moines à Bégard.

1212

Présence d’un Abbé à Notre Dame de Penlan en Trébeurden.

1242

Le seigneur de Penlan, Raoul de Calumnia donne sa seigneurie, manoir et terres, à l’Abbaye de Bégard

Vers 1300

Sous le règne de Philippe IV le Bel la Bretagne est un duché indépendant, pauvre et instable. Construction d’un premier petit oratoire à Penvern puis implantation d’une « grange cistercienne » salicole et piscicole, domaine comprenant manoir, chapelle, moulin, étangs, terres… avec la présence de moines convers à Penvern dépendant de l’abbaye de Penlan-Bégard. Vers 1445 : l’abbaye de Penlan en ruine devient une « grange propriété agricole » au profit des moines de Bégard qui ne résident plus à Penlan. La « grange cistercienne » de Penvern est vendue aux seigneurs Cariou, puis Menguy.

Dates d’édification : 17ème siècle, 1640 ou 1646

Nous sommes à la fin du règne de Louis XIII.

L‘édification de la chapelle que nous admirons aujourd’hui date de 1640 ou 1646, d’après une inscription sur le campanile. Le dernier chiffre est partiellement effacé par l’érosion et les intempéries.

La reconstruction de la Chapelle est due à la volonté́ et à l’association financière et spirituelle des familles nobles propriétaires de Penvern : les Menguy – Trolong et des moines sous la juridiction de l’abbaye de Bégard. Les bancs extérieurs en granite caractéristiques de cette chapelle étaient destinés au repos des pèlerins après leurs périples et les longs offices.

Explications des dévotions en ce lieu depuis le XIIIe1300

Ce serait le miracle de la guérison d’une jeune fille percluse, ne pouvant travailler aux champs, qui venait prier Notre Dame auprès de la fontaine. Ce lieu sacré a une longue histoire, magnifiée dans une ancienne Gwers (chant) en quarante-quatre couplets « Gwers an Itrôn Varia Penvern. ». 

Citation extraite de « Les pardons et les pèlerinages du pays de Lannion et de Tréguier » par l’abbé Guillotin de Corson. p.59. Nous n’avons pas réussi à trouver cette Gwers.

La Gwers de la jeune bergère guérie après avoir prié Marie

Une bergère de la Paroisse de Trébeurden, dont les membres étaient contournés, aperçut non loin d’une source sur les limites de la paroisse de Pleumeur-Bodou, une image de la Vierge devant laquelle elle s’inclina humblement, demandant par l’intercession d’Itron Varia, mère de notre Divin Sauveur, la guérison de ses infirmités. Sa prière fut agréable au Seigneur et ses membres reprirent à l’instant leur force et leur souplesse.

Frappés par ce prodige, les habitants de Trébeurden élevèrent un oratoire à la Sainte Vierge et y placèrent la bienheureuse image.

D’autres miracles s’opérèrent en ce lieu : des malades y recouvrèrent la santé, des sourds entendirent, des boiteux marchèrent droit, et des aveugles virent la lumière.

Des pèlerins affluèrent de toutes part et 3 ans après on construisit une chapelle.

« Ce ne sont pas seulement les hommes qui éprouvent les bienfaits de Notre Dame de Penvern les bêtes même sont l’objet de sa protection, souvent elle a rendu à la santé des animaux malades ou fait ramener à leurs propriétaires des bêtes égarées ou tomber dans des précipices.  « La Gwers fait remonter l’érection de la chapelle à l’an 1300, et il fait honneur de sa construction aux habitants de Pleumeur et à ceux de Trébeurden.

La Gwers An Itron Varia Benwern (le miracle de Notre-Dame de Penvern)

Cette autre Gwers intitulée An Itron Varia Benwern raconte l’histoire de trois jeunes gens de Penvern, pêchant la morue entre l’Ile Rouzik et les Méloines, poussés par le vent vers Terre Neuve, faits prisonniers par des pirates barbaresques, des « Turcs » dit le texte breton. Ils prièrent Marie, An Itron Varia Benwern, le jour du Pardon de Penvern, le dimanche qui suit l’Ascension, et recouvrèrent la liberté !

Voir le texte traduit par Eugène Teurnier, – alors recteur de Trégastel – en 20010 – et l’excellent commentaire d’Yves Jézéquel et Daniel Giraudon

Aux XVIe et XVIIe siècles les corsaires écument les mers pour s’approvisionner et obtenir des esclaves nécessaires aux galères et à des travaux. Les corsaires barbaresques agissent aussi bien en Méditerranée qu’en Atlantique jusqu’à Terre Neuve.

Des bretons ont été emmenés à Salé (Maroc) pour les besoins du sultan Moulay Ismaïl qui voulait rivaliser avec Louis XIV et Versailles. Il souhaitait un palais qui s’étendrait de Meknès à Marrakech.

Sources : « Captifs en Barbarie » de Giles Milton

Les religieux de l’ordre Notre Dame de la Merci et de la Trinité interviennent pour racheter des captifs , impliquant financièrement les familles, les communautés locales, les États de Bretagne, le pouvoir royal….

Sources : « Horizon barbaresque des Bretons 16ème/18ème siècles » de Georges Provost, étude de Daniel Giraudon

1666

Élévation du retable baroque au-dessus de l’autel tout en chêne sculpté avec l’inscription gravée : « Faict faire par Yvon Allain dict Goasmat lors Fabrique 1666 »

1661 ou 1667

Thomas Leclerc peint le tableau central du retable, c’est une copie inspirée de tableaux de différents peintres de la renaissance italienne, dont celui de Jacopo Bassano : l’Adoration des Bergers. Mise en place du tableau par les soins de Quiriau Briant Recteur.

1680

Mise en place de la tribune au dessus de la porte Ouest par le Gouverneur G. Rivallan.

1789-1992

La révolution française nationalise les biens de l’Église et du clergé.

1801

Edification de la fontaine par Allain Hamon donataire (propriétaire ?)

Bonaparte Premier Consul impose le Concordat au pape Pie VII afin d’établir la paix religieuse dans le pays, le pape reconnaît la République et renonce aux biens enlevés au clergé sous la Révolution.

1802

Lles « nouvelles fabriques » des Églises récupèrent les biens non aliénés, vendus, des « anciennes fabriques » comme la chapelle de Penvern. Les « fabriques » serait l’association de la commune et de la paroisse d’aujourd’hui.

Dates de confortations et restaurations connues

1822

Restauration de la Chapelle par le maître-maçon Jean Prigent, avec suppression probable de la sacristie et construction du muret entourant la chapelle pendant l’administration de la paroisse par l’Abbé Le Luyer.

1905-1907

Loi de séparation de l’Église et de l’État selon le principe de laïcité. La commune devient Maître d’ouvrage de la Chapelle, propriétaire des murs. L’Église en devient l’Affectataire.

1930

Inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

1959

Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne

Réfection totale de la charpente (suppression de l’ancienne charpente en coque inversée de bateau, mise en place charpente en fermes triangulées), réfection de la couverture avec les ardoises de LOCQUIREC récupérées complétées par des ardoises de SIZUN – et regrettable dégradation du jetis intérieur chaulé mise en place du jointoiement en ciment des pierres – voir lettre de protestation de l’Architecte des Bâtiments de France au Maire de Trébeurden…

Voir lettre de protestation de l’Architecte des Bâtiments de France au Maire de Trébeurden

Après 1965

Suppression de la table de communion – modification post conciliaire.

2006

Jean Le Guen crée l’Association des Amis de la Chapelle de Penvern, il entreprend les recherches historiques qui serviront de base pour la formation les guides bénévoles.

Le Pardon de la chapelle est rétabli le dernier dimanche de mai (mois de Marie) ou le premier dimanche qui suit l’Ascension.

2008/2010

Jean Le Guen convainc les administrations culturelles et régionales du bien fondé et du financement de la restauration complète du magnifique retable, de ses statues et de son tableau central, par les ateliers ARR de Bignan Morbihan et Sury de Lanvellec pour le retable et l’atelier Ruel-Tsesmeloglou à Nantes pour le tableau.

Voir compte-rendu de visite à l’atelier : Balade à NANTES.

2016

Restauration du petit panneau, à la fois peint du 17ème siècle et sculpté, de Jésus en croix avec Marie et Jean et des statues (aile côté Nord) du 15ème siècle de la chapelle nord.

Certains visiteurs ont émis l’hypothèse que le personnage de gauche du tableau puisse être Marie-Madeleine et non Marie. C’est peu probable car Marie-Madeleine est le plus souvent représentée les cheveux longs et dénoués en signe de pénitence et de repentir. Ce n’est pas ici, gageons donc qu’il s’agit bien de Marie, mère du Christ.

2019/2021

La mairie de Trébeurden finance la réfection complète de la toiture de la Chapelle avec le renforcement de la charpente par la Sarl Le BER de Sizun et la restauration complète de la couverture avec des ardoises de Locquirec et de Sizun par la coopérative UDOC de Morlaix. Léo Goas Architecte du Patrimoine assure la maîtrise d’œuvre et autorise le remplacement de la poutre d’entrait Est par un câble pour avantager la vue du retable.

La charpente est habilement allégée (poutre devant l’autel remplacée par un câble métallique) améliorant la vue sur le retable. L’installation électrique est restaurée.