La chapelle Notre-Dame de Citeaux figure en bonne place dans l’annuaire du Patrimoine des communes des Côtes-d’Armor (Collection Le Patrimoine des Communes de France – FLOHIC EDITIONS, mars 1998, page 832 du tome II).
Sous la photo de la Vierge à l’Enfant on peut lire :
Cette Vierge couronnée est aussi invoquée sous le vocable de Notre-Dame du Bon Secours. Son pardon, qui a lieu le dimanche de l’Ascension, fait encore l’objet d’une grande ferveur religieuse.
Des recherches historiques menées de façon continue par les membres de l’association ont permis de tracer l’histoire d’un vitrail créé par le maître-verrier Albert Échivard (1866-1939) pour la chapelle de Penvern. Son fils Maxime (1892-1914), lui aussi artiste verrier suivant des études aux Arts décoratifs, a été tué au cours de la bataille de la Somme en 1914 à 22 ans lors de la 1ère guerre mondiale. Albert va ensuite consacrer son oeuvre pour conserver la mémoire de son fils tombé au champs d’honneur, parmi tant d’autres.
Echivard représente son fils dans ses vitraux, mêlé à l’imagerie religieuse, pour maintenir l’image du fils défunt. L’un d’eux est posé dans la chapelle de Penvern sur lequel le visage de Maxime est représenté entre les deux donatrices, Élisabeth de Belgique et Marie de Roumanie. Maxime avait visité Penvern au début des années 1910.
En 1923, Albert réalise le premier vitrail spécifiquement consacré à la mémoire de son fils. C’est dans une petite chapelle de Trébeurden, dans le hameau de Penvern (Côtes d’Armor) qu’est posé ce vitrail, là même où Maxime est venu en 1911 et 1912, comme l’indique l’une des inscriptions. Entre les deux donatrices, Élisabeth de Belgique et Marie de Roumanie dont le maître-verrier a vraisemblablement reçu le soutien personnel, s’élève le calvaire de Penvern sur lequel est attaché par deux anneaux un linge rouge portant le portrait de Maxime. La représentation en est très fidèle, quasiment photographique. Le vitrail est intitulé « Compassion » ou « Les Saintes femmes au calvaire de Penvern ». Entre les deux reines, sur le tombeau que surmonte le calvaire de Penvern, on peut lire l’épitaphe de Maxime : « Maxime Échivard (1892-1914). Élève des Arts Décoratifs. Sergent au 117e R.I. 11e C. Tombé pour le génie latin : sa beauté, sa tradition. Fidèles et touristes, dans vos prières, souvenez-vous de lui. »
Littéralement, c’est un tombeau figuratif qu’édifie ici le maître-verrier à son fils, qui peut signifier peut-être l’acceptation de sa mort. La représentation du visage sur un linge qui rappelle clairement le voile de Véronique et identifie le défunt au Christ, tandis que des lys blancs courant le long du calvaire, l’associent à la fois à l’innocence et au deuil. Peut-être l’année 1923 a-t-elle été aussi celle de la découverte du corps, permettant plus facilement une acceptation de la mort qui fut refusée à tous les parents de soldats portés disparus. Toujours est-il que c’est ensuite sur l’ancien champ de bataille, à l’endroit où Maxime est tombé que l’artiste va poursuivre l’expression de ses sentiments douloureux.
Un visiteur résidant en Suisse nous a adressé il y a quelques années une photo d’une aquarelle dessinée en 1940 pour son grand-père par un architecte des monuments historiques, Georges-Robert Lefort (1875-1954). On y remarque la cloche unique, touours solitaire aujourd’hui.
La notice biographique de M. Lefort disponible sur le Centre d’archives d’architecture contemporaine au biut du lien : cité de l’architecture.
Notre chapelle de Penvern avec sa nouvelle et robuste toiture n’a pas souffert de la tempête Ciaran.
Hélas, ce n’est pas le cas d’autres édifices et maisons de la région et notamment la chapelle du Yaudet dont la toiture a été sévèrement endommagée.
Les dégâts du Yaudet, qui sont visibles sur la photo ci-dessous (source Le Trégor), dévoilent sa charpente et nous renseignent sur la structure qui devait être celle de notre chapelle de Penvern avant qu’elle ne soit reconstruite en 1959.
Source : Le Trégor
Nous y découvrons en effet les dessous d’une charpente en coque de bateau inversée :
Celle-ci suit la forme arrondie des aisselliers ;
Les fermes, arbalétriers, pannes et la poutre faîtière en treillis paraissent assez souples ;
Les pièces de bois sont sommairement travaillées en comparaison de celles des charpentes actuelles.
Nous espérons de tout cœur que la chapelle du Yaudet sera rapidement réparée.
La collection en ligne du « Musée de la préhistoire de Carnac » est passionant. Tapez « Trébeurden » dans la barre de recherche et vous tomberez sur des photos historiques de la commune, dont certaines de la Chapelle.
Les six premiers mois de l’année 2023 ont permis de comptabiliser 256 visiteurs, portant ainsi le nombre total à 10 920 personnes depuis que nous suivons ces statitiques.
Dans cette vidéo Guillaume revient sur les travaux importants menés ces dernières années sur la chapelle avec l’aide précieuse des financements publics. Il partage aussi sa volonté d’ouvrir plus souvent la chapelle à la visite et notre besoin de nouveaux bénévoles.
Retrouvé dans l’armoire de la Chapelle, cet ex-voto a probablement été rapporté de Marseille par une femme de marin breton qui visitait son mari en escale.
Les marins vivaient à l’époque de très longs embarquements, plusieurs mois, et, traditionnellement, leurs épouses faisaient le déplacement lorsqu’ils étaient en escale, même loin de la Bretagne. Elles acquéraient alors un ex-voto pour que Marie veille sur leurs maris.
1982 : le journal « La Dépêche Trégoroise » informait ses lecteurs que le pupitre de la Chapelle avait été volé. Heureusement ce regrettable incident n’a pas nui à la rénovation qui a bien avancé au cours des années 2010 !
En ce jour du Pardon de la chapelle de Penvern, une délégation d’une dizaine de visiteurs de la commune de Sainte Céronne Lès Mortagne (61 – département de l’Orne), dont la maire, Mme. Dominique Ragot, a été accueillie pour une visite de la chapelle de Penvern.
Des échanges sympathiques ont eu lieu sur les travaux de rénovation menés sur l’Eglise de Sainte Céronne, dont son retable.