Le Pardon de Penvern s’est déroulé ce dimanche 12 mai 2024 à la chapelle de Penvern. Il a rencontré un franc succès sous un ciel ensoleillé. Après un petit mot d’introduction prononcé par Pierre au nom de l’Association des amis de la Chapelle la messe a été célébrée à 11h00 par le vicaire Paul Hervé.
Toutes les générations étaient représentées, notamment les plus jeunes, des enfants courraient entre les bancs durant la célébration et d’autres babillaient dans les bras de leurs parents.
Une citation de Jean Le Guen, le regretté fondateur de l’association a été méditée par tous.
Cette très vieille coutume consiste à réunir les villageois une fois par an pour partager un moment festif qui avait pour but : – se parler, – évoquer les problèmes de l’année, – discuter des litiges, – se réconcilier, – et pardonner.
Un « bon sens paysan » qui fait écho aujourd’hui dans notre monde troublé.
Le pot de l’amitié a été servi à l’extérieur pour un sympathique moment en commun.
En feuilletant le livre d’or papier mis à disposition dans la chapelle on se retourne sur treize années de visites et d’impressions laissées par nos visiteurs. Les appréciations sont en diverses langues, français bien sûr, mais aussi allemand, néerlandais, breton…
Elles marquent la satisfaction de tous devant la découverte de ce trésor du patrimoine religieux breton. On trouve aussi d’émouvantes prières à Marie, Sainte patronne de Notre-Dame de Citeaux qui inspire souvent sa spiritualité aux visiteurs.
En voici quelques bonnes pages.
Nous avons désormais aussi un livre d’or numérique disponible ici :
La chapelle Notre-Dame de Citeaux figure en bonne place dans l’annuaire du Patrimoine des communes des Côtes-d’Armor (Collection Le Patrimoine des Communes de France – FLOHIC EDITIONS, mars 1998, page 832 du tome II).
Sous la photo de la Vierge à l’Enfant on peut lire :
Cette Vierge couronnée est aussi invoquée sous le vocable de Notre-Dame du Bon Secours. Son pardon, qui a lieu le dimanche de l’Ascension, fait encore l’objet d’une grande ferveur religieuse.
Des recherches historiques menées de façon continue par les membres de l’association ont permis de tracer l’histoire d’un vitrail créé par le maître-verrier Albert Échivard (1866-1939) pour la chapelle de Penvern. Son fils Maxime (1892-1914), lui aussi artiste verrier suivant des études aux Arts décoratifs, a été tué au cours de la bataille de la Somme en 1914 à 22 ans lors de la 1ère guerre mondiale. Albert va ensuite consacrer son oeuvre pour conserver la mémoire de son fils tombé au champs d’honneur, parmi tant d’autres.
Echivard représente son fils dans ses vitraux, mêlé à l’imagerie religieuse, pour maintenir l’image du fils défunt. L’un d’eux est posé dans la chapelle de Penvern sur lequel le visage de Maxime est représenté entre les deux donatrices, Élisabeth de Belgique et Marie de Roumanie. Maxime avait visité Penvern au début des années 1910.
En 1923, Albert réalise le premier vitrail spécifiquement consacré à la mémoire de son fils. C’est dans une petite chapelle de Trébeurden, dans le hameau de Penvern (Côtes d’Armor) qu’est posé ce vitrail, là même où Maxime est venu en 1911 et 1912, comme l’indique l’une des inscriptions. Entre les deux donatrices, Élisabeth de Belgique et Marie de Roumanie dont le maître-verrier a vraisemblablement reçu le soutien personnel, s’élève le calvaire de Penvern sur lequel est attaché par deux anneaux un linge rouge portant le portrait de Maxime. La représentation en est très fidèle, quasiment photographique. Le vitrail est intitulé « Compassion » ou « Les Saintes femmes au calvaire de Penvern ». Entre les deux reines, sur le tombeau que surmonte le calvaire de Penvern, on peut lire l’épitaphe de Maxime : « Maxime Échivard (1892-1914). Élève des Arts Décoratifs. Sergent au 117e R.I. 11e C. Tombé pour le génie latin : sa beauté, sa tradition. Fidèles et touristes, dans vos prières, souvenez-vous de lui. »
Littéralement, c’est un tombeau figuratif qu’édifie ici le maître-verrier à son fils, qui peut signifier peut-être l’acceptation de sa mort. La représentation du visage sur un linge qui rappelle clairement le voile de Véronique et identifie le défunt au Christ, tandis que des lys blancs courant le long du calvaire, l’associent à la fois à l’innocence et au deuil. Peut-être l’année 1923 a-t-elle été aussi celle de la découverte du corps, permettant plus facilement une acceptation de la mort qui fut refusée à tous les parents de soldats portés disparus. Toujours est-il que c’est ensuite sur l’ancien champ de bataille, à l’endroit où Maxime est tombé que l’artiste va poursuivre l’expression de ses sentiments douloureux.
Un visiteur résidant en Suisse nous a adressé il y a quelques années une photo d’une aquarelle dessinée en 1940 pour son grand-père par un architecte des monuments historiques, Georges-Robert Lefort (1875-1954). On y remarque la cloche unique, touours solitaire aujourd’hui.
La notice biographique de M. Lefort disponible sur le Centre d’archives d’architecture contemporaine au biut du lien : cité de l’architecture.
Notre chapelle de Penvern avec sa nouvelle et robuste toiture n’a pas souffert de la tempête Ciaran.
Hélas, ce n’est pas le cas d’autres édifices et maisons de la région et notamment la chapelle du Yaudet dont la toiture a été sévèrement endommagée.
Les dégâts du Yaudet, qui sont visibles sur la photo ci-dessous (source Le Trégor), dévoilent sa charpente et nous renseignent sur la structure qui devait être celle de notre chapelle de Penvern avant qu’elle ne soit reconstruite en 1959.
Source : Le Trégor
Nous y découvrons en effet les dessous d’une charpente en coque de bateau inversée :
Celle-ci suit la forme arrondie des aisselliers ;
Les fermes, arbalétriers, pannes et la poutre faîtière en treillis paraissent assez souples ;
Les pièces de bois sont sommairement travaillées en comparaison de celles des charpentes actuelles.
Nous espérons de tout cœur que la chapelle du Yaudet sera rapidement réparée.
Le 29 octobre l’ensemble « trobairitz » s’est produit à la Chapelle et mis en lumière les poétesses du Moyen Age, un peu les oubliées de l’histoire. Elles étaients pourtant présentes dans le monde courtois et aristocratique des XIIe et XIIIe siècles en Occitanie.
Bien que certaines d’entre elles aient été à la fois poétesses et compositrices, aucune des mélodies associées à ces textes n’ont été retrouvées. C’est ingrid Blasco qui a écrit spécialement les musiques pour chacune de ces poésies. Une place est faite également à Christine de Pizan, autrice reconnue depuis les années 1970 et dont les textes, écrits vers 1406, proviennent du manuscrit de la reine et offert à la reine de France, Isabeau de bavière en 1414.
Trobairitz est le féminin de troubadour, du verbe occitan trobar « trou-ver », c’est à dire celles qui trouvent les bons mots pour composer des chansons.
La collection en ligne du « Musée de la préhistoire de Carnac » est passionant. Tapez « Trébeurden » dans la barre de recherche et vous tomberez sur des photos historiques de la commune, dont certaines de la Chapelle.
L’Association des Amis de la Chapelle de Penvern était présente au forum des associations organisé par la Mairie de Trébeurden le 9 septembre de 14 à 18h au Sémaphore.
A l’occasion de la 40ème éditions des Journées européennes du patrimoine 2023 la chapelle de Penvern a été ouverte à la visite les samedi 16 septembre et dimanche 17 septembre de 14 à 18 heures.
La chapelle est répertoriée dans les évènements de l’édition 2023.
Concert d’un trio vocal et instrumental franco-anglais
Ce 17 août « Sweet Touch », trio vocal et instrumental franco-anglais, s’est produit à la Chapelle de Penvern à 18h30.
« A kiss to build a dream on »
Ce fut un concert charmant et émouvant joué par trois musiciens talentueux, tous multi-instrumentistes (piano, contrebasse, harmonium indien, violon, ukulélé) et chanteurs : Clare Hine-Goubin, Cécile Verdin et Jean Zimmermann.
Ils interprètent des chansons en français, en anglais, et même en gaéliqe, écrites et composées par eux, ou reprises d’autres et transcrites pour leur trio original. Ils lisent aussi des poèmes et narrent des contes sur fond musical.
Entre deux chansons on reconnaît bien sûr le poème de Paul Eluard, une ode à la liberté écrite par le surréaliste en 1942 :
Sur l’absence sans désir Sur la solitude nue Sur les marches de la mort J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer
Liberté.
« Liberté » de Paul Eluard (1942)
Ce poème de 24 strophes fut considéré comme si important durant cette période de guerre mondiale qu’il fut parachuté par les alliés au-dessus de la France occupée pour redonner courage aux Français. Quel bonheur de l’entendre à nouveau ce soir dans des conditions oh combien plus douces et apaisées, car son message, lui, sera toujours d’actualité. La poésie comme instrument de résistance, toujours !
Jean accompagne avec élégance ses deux comparses-chanteuses au piano pendant qu’elles récitent ces textes sur des thèmes fondateurs et parfois un peu tragiques.
L’interview du trio après le concert
Mais qu’on ne croit pas un instant que la soirée tourne à la mélancolie, bien vite le trio revient vers la joie, échange ses instruments, Jean s’empare de son imposante contrebasse pour nous emmener sur des sujets plus légers, des thèmes comme celui de la chanson de Michel Legrand à la gloire des amoureux, qui fut autrefois interprétée par les Compagnons de la chanson :
Si tu vois les jours se perdre au fond des nuits Les souvenirs abandonner ta vie C’est qu’ils ne peuvent rien contre l’oubli…
Jusqu’au dernier Printemps Le ciel aura Le ciel aura vingt ans Les amoureux en auront tout autant…
« La Valse Des Lilas » de Michel Legrand
Les voix polyphoniques s’élèvent avec grâce dans le volume de la chapelle, pureté et harmonie se mêlent sur fond du retable éclairé avec délicatesse pour l’occasion. Une chanson écossaise chantée en français et en anglais nous raconte l’histoire de Jean qui, sur son île écossaise monte tous les matins sur la falaise pour attendre le retour de son amoureux-marin à qui elle est promise. Elle tient bon malgré les « conseils » de son village la poussant à se marier avec un autre. Et son amoureux finalement est de retour, ils se marient et ont de nombreux enfants. Basée sur une histoire vraie, ce conte résonne particulièrement en ce pays de Bretagne dans une chapelle de marins !
La complicité de ces trois musiciens est évidente et quand on leur demande comment ils arrivent à rendre leur joie si communicative durant leur prestation, ils répondent : « la vie est belle. » Quelle conclusion parfaite de ce concert estival au bord du ruisseau de Kerhuel. D’aileurs le nom de leur ensemble est « Sweet Touch », une touche de douceur.
Et en plus, en les aidant le soir avec leurs enfants à recharger le camion, on s’aperçoit qu’ils sont sympas. Laissez-vous aller, c’est juste la douceur d’une soirée d’été musicale à Trébeurden !
Les six premiers mois de l’année 2023 ont permis de comptabiliser 256 visiteurs, portant ainsi le nombre total à 10 920 personnes depuis que nous suivons ces statitiques.
La compagnie « La Ronde Bleue », basée à Dol-de-Bretagne, s’est produite ce lundi à la Chapelle de Penvern dans un récital d’airs sacrés et lyriques, pour lequel la chanteuse Christine Laizé, seule, s’est accompagnée de son alto.
Christine Laizé
Un concert très beau et très émouvant, dans la merveilleuse accoustique de la Chapelle : Christine Laizé a chanté ce soir avec son alto, « un violon qui a trop mangé comme on dit aux enfants », son « compagnon de vie » depuis qu’elle a six ans.
Le concept est original, chanter en jouant de l’alto n’est sans doute pas aisé mais n’entamme en rien la pureté de la voix de l’artiste. Elle joue de son instrument parfois avec un archet, parfois comme une guitare. Les oeuvres sont des plus classiques : Purcell, Haendel, Vivaldi, Schubert… et s’intègrent parfaitement dans l’architecture romane de Penvern.
Christine nous a interprété une traversée musicale depuis Hildegarde de Bingen (XIIème siècle) jusqu’à la récitation d’une oeuvre de Jacques Rebotier, écrivain, poète, compositeur, metteur en scène français né en 1947. Chaque morceau musical est entrecoupé de la lecture d’extraits d’un long poème d’Andrée Chédid (1920-2011), poétesse égyptienne, narrant la vie d’Adam et Eve.
En introduction elle propose de ne pas applaudir entre les morceaux pour ne pas briser la magie de ce voyage musical et poétique dont elle ponctue chaque étape les yeux fermés quelques secondes sur son alto, comme pour redescendre sur terre après une envolée mystique dans les hautes sphères de cette musique sacrée et méditative.
Alors lorsque s’éteignent les dernières notes de la soirée ce sont par des applaudissements chaleureux que le public salue la musicienne qui consacre ensuite tout son temps à discuter, tout sourire, avec les personnes présentes.
L’interview
Le programme
De Angelis, Hildegarde de Bingen
Extrait du Te Deum de Henry Purcell
When I am laid in Earth, Henry Purcell
Lascia ch’io pianga, Georg Friedrich Haendel
Ombra mai fu, Georg Friedrich Haendel
Vedro con mio diletto, Antonio Vivaldi
Cum Dederit, Antonio Vivaldi
Agnus Dei de la petite messe solennelle de Gioachino Rossini
Extrait du Voyage d’hiver, Franz Schubert
Fac ut Portem, Jean-Baptiste Pergolese
Litanie de la vie j’ai rien compris, Jacques Rebotier
Récitation 11, Georges Aperghis
Visiter le site web de la Ronde Bleue et de Christine Laizé
Un concert de Chant lyrique, organisé par Soanny Fay, soprano de l’Opéra National de Paris, s’est tenu à la Chapelle de Penvern à 21h. Huit interprètes lyriques : Deirdre Abrams, Joëlle Brun-Cosme, Bénédicte Comby, Maryvonne Daniel, Anne Durand, Cyril Jean, Françoise Inspektor, Christian Leblé, accompagnés par Sophie Pornin, pianiste du Conservatoire de Bordeaux.
Anne DurandCyril Jean, ténor Deidre Abrams, soprano
Le programme joué
Franz Schubert « An die Musik » (Bénédicte Comby, Maryvonne Daniel, Cyril Jean, Christian Leblé)
Félix Mendelssohn « Auf Flügeln des Gesanges » (Anne Durand)
Henry Purcell « Music for a while » (Françoise Inspektor) « If music be the food of love » (Bénédicte Comby)
Arthur Sullivan « Orpheus with his lute » (Deirdre Abrams, Françoise Inspektor, Joëlle Brun-Cosme)
Eric Coates « Orpheus with his lute » (Cyril Jean)
Camille Saint-Saëns « Guitares et mandolines » (Joëlle Brun-Cosme)
Charles Gounod « Sérénade » (Deirdre Abrams)
Gaetano Donizetti « La Zingara » (Maryvonne Daniel)
George Bizet « Je vais danser en votre honneur » air de Carmen (Joëlle Brun-Cosme, Cyril Jean)
Gabriel Fauré « Chanson du pêcheur » (Françoise Inspektor) « Clair de lune » (Christian Leblé)
Edouard Pascal « Chanson de Fortunio » (Cyril Jean)
Christoph Willibald Gluck « Si les doux accords de ta lyre » air de l’Amour tité de l’opéra Orphée et Eurydice (Bénédicte Comby)
Wolfgang Amadeus Mozart « Soave sia il vento » trio tiré de Cosi fan Tutte (Anne Durand, Françoise Inspektor, Christian Leblé) « Voi che sapete » air de Chérubin tiré des Noces de Figaro (Deirdre Abrams) « Deh, vieni a la finestra » air de Don Giovanni (Christian Leblé)
Anton Dvorak « Chant à la lune » air de Rusalka (Anne Durand)
Robert Stolz « Spiel auf deiner Geige » tiré de Venus in Seide (Maryvonne Daniel)
Roger Quilter « Orpheus with his lure » (Joëlle Brun-Cosme)
Victor Herbert « Art is calling for me » tiré de The Enchantress (Deirdre Abrams)